Dieu de la Guerre Fils de Sparte

Dieu de la Guerre Fils de Sparte

4.75

Ce que nous aimons

  • 🟢 Narration intime par Kratos
  • 🟢 Bande originale
  • 🟢 Une relation fraternelle réussie

Ce que nous n'aimons pas

  • 🔴 Combats trop en bois
  • 🔴 Une histoire sans mordant
  • 🔴 Graphismes sans inspiration

L'annonce surprise lors du dernier State of Play a secoué le PlayStation Store avec la sortie inattendue de God of War : Sons of Sparta. Développé par Mega Cat Studios en collaboration avec Santa Monica Studio, ce titre s'éloigne radicalement de l'action cinématographique habituelle de la série pour adopter la formule Metroidvania en 2D.

Ce préquel nous ramène aux origines du mythe, explorant la jeunesse de Kratos et de son frère Deimos au sein de la rigide société spartiate. Le jeu ambitionne de combler les lacunes narratives de l'Agoghé, tentant d'approfondir le personnage d'un guerrier qui n'était pas encore le Fantôme de Sparte, mais simplement un jeune homme en quête d'approbation. Si l'idée de base est fascinante, le résultat final offre une expérience agréable, mais reste bien loin de l'ampleur épique à laquelle la série nous a habitués.

Entre devoir et liens du sang

Le récit adopte une approche intimiste et presque mélancolique : Kratos, devenu un père sage, relate ses exploits passés à sa fille Calliope, transformant la violence de son enfance en une sorte de conte moral. Au centre de l’histoire se trouve le jeune Kratos, déjà consciencieux et imperturbable, épaulé par son frère Deimos, plus sensible et mélomane. La quête de Vasilis, un compagnon mystérieusement disparu, sert de fil conducteur à une aventure qui peut durer entre quinze et trente-cinq heures. Cependant, l’intrigue peine à décoller : l’absence d’antagonistes importants ou de menaces divines capables de rehausser l’enjeu rend ce récit initiatique un peu fade et lui manque l’impact nécessaire pour marquer durablement la mémoire du joueur.

Lance, bouclier et esprit spartiate

Côté gameplay, on retrouve un Metroidvania des plus classiques. Kratos ne manie pas les Lames du Chaos, mais utilise la lance Dory et le bouclier Aspis, tous deux hautement personnalisables grâce à des pointes, des manches et des ornements modifiant les bonus passifs et les effets élémentaires. Le système de combat est fonctionnel et plaisant pour les fans du genre, s'appuyant sur le système de l'Esprit Spartiate pour gérer la santé et les attaques spéciales. Malgré l'introduction d'outils comme le lance-pierres d'Apollon et la faux de Déméter, qui servent à la fois d'armes et de clés pour l'exploration, la fluidité générale reste souvent rigide. Les déplacements sont maladroits et la gestion des attaques ennemies exige une précision qui peut parfois engendrer des blocages frustrants, rendant les combats moins fluides que ceux des premiers opus de la série hack 'n' slash.

À la découverte de la Sparte antique

L'exploration de la région de Laconie s'inscrit dans un système de retours en arrière, avec des zones interconnectées qui se débloquent au fur et à mesure que vous acquérez de nouveaux pouvoirs. Un élément de conception que nous avons trouvé particulièrement utile est la fonction Eikon associée au buste de Lycurgue : cet outil permet de photographier des lieux et de les épingler sur la carte, rendant la navigation bien plus intuitive que les marqueurs imprécis habituels.

Cependant, la conception des niveaux manque d'originalité et les temps morts sont fréquents, notamment à cause d'un système de voyage rapide accessible au joueur avec un délai important, presque à la fin de l'aventure. À noter toutefois : le Puits des Agonies, un mode arène roguelite coopératif local qui permet enfin d'utiliser le duo Kratos-Deimos de manière dynamique, offrant un défi supplémentaire après le générique de fin.

Une beauté terne

Visuellement, Sons of Sparta s'appuie sur un pixel art rétro rappelant l'ère 16 bits, mais l'impact visuel global est malheureusement décevant. Bien que les arrière-plans en parallaxe tentent de donner de la profondeur, la direction artistique paraît conservatrice et manque du style emblématique que l'on attendrait d'un titre lié à God of War. Même comparé à d'autres Metroidvanias modernes du même genre, le titre de Mega Cat Studios semble moins abouti, avec des animations parfois incohérentes et plusieurs bugs qui nuisent à la fluidité de l'expérience. La bande originale de Bear McCreary est le seul élément qui se démarque vraiment, mêlant thèmes orchestraux et expérimentations chiptune, mais cela ne suffit pas à compenser un aspect technique qui souffre également d'une localisation italienne inégale et de problèmes de mixage audio des dialogues.

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Dave

Rédacteur en chef de Joypad, vous le retrouverez aussi sur les réseaux sociaux @MrPipistro

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