Saros
Ce que nous aimons
- 🟢 Visuellement très inspiré
- 🟢 Plus raffiné que Returnal
- 🟢 Un mystère central intrigant
- 🟢 Mécanismes de tir
Ce que nous n'aimons pas
- 🔴 Personnages secondaires plats
- 🔴 Narration parfois fragmentée
- 🔴 Peu de traitements disponibles
Soyons honnêtes, après le chef-d'œuvre de frustration et de plaisir qu'était Returnal, les attentes concernant le nouveau projet de Housemarque oscillaient entre ’ J'ai envie de mourir à nouveau “ et ” S'il vous plaît, rendez-le plus humain “.

Avec Saros, Le studio finlandais a choisi de ne pas prendre de risques et de faire évoluer la formule arcade classique vers une expérience plus cinématographique et raffinée. Nous n'avons pas testé la version PC, car nous nous concentrons sur la PS5 Pro, mais l'impression générale est celle d'une expérience qui mêle l'esprit des jeux d'arcade d'antan à la qualité technique des jeux actuels.

Le Roi en Jaune dans l'espace profond
Le récit nous transporte sur Carcosa, une planète située à des milliers d'années-lumière du système solaire, où la puissante (et résolument hostile) corporation Soltari a envoyé l'équipe Echelon IV. Nous, les joueurs, incarnons Arjun Devraj, interprété avec brio par Rahul Kohli, qui retranscrit à la perfection la transition d'une résolution stoïque à une lente psychose tandis qu'il tente de comprendre le sort des trois expéditions précédentes. Arjun est un Exécuteur chargé de récupérer la Lucénite, mais il est également animé par de profondes motivations personnelles, suivant les murmures d'une femme à travers les ruines d'une civilisation extraterrestre inconnue.

L'intrigue s'inspire largement du genre de l'horreur cosmique et de l'œuvre de Robert William Chambers, transformant la planète en un immense puzzle à résoudre grâce à une narration environnementale et des enregistrements audio délirants. Si les personnages secondaires peuvent parfois sembler n'être que de la chair à canon, l'histoire n'en demeure pas moins une étude de personnages fascinante, intimement liée au mystère d'une magie ancestrale et à une mission corporative résolument sombre.

Le rythme des coups de feu qui pleuvent
Le cœur de Saros réside dans un système de déplacement et de combat frôlant la perfection : Arjun se déplace avec une précision impeccable à travers des hordes d'ennemis biomécaniques (à condition de maîtriser les mouvements, bien sûr). Contrairement à l'approche plus évasive de Returnal, Housemarque récompense ici l'agressivité : on peut absorber les coups bleus avec son bouclier pour recharger les Armes Puissantes ou parer les rouges avec un bon timing. La progression se gère grâce à la Matrice d'Armure, un vaste arbre de compétences permanent (heureusement bien plus généreux qu'auparavant) où l'on peut investir de la Lucénite et de la Sérénite pour améliorer des paramètres comme la Résilience ou débloquer l'atout crucial Seconde Chance. Si la difficulté devient trop importante, des Modificateurs Carcosiens permettent d'ajuster le niveau de difficulté entre Protections et Épreuves. On trouve toutefois étrange qu'ils ne soient débloqués qu'après avoir vaincu les deux premiers boss, comme pour dire que si l'on n'est pas assez bon pour y parvenir, autant abandonner.

Un triomphe biomécanique
Techniquement, le jeu offre une fluidité exceptionnelle, garantissant 60 images par seconde pendant la quasi-totalité de l'aventure et une netteté d'image qui, sur PS5 Pro grâce au PSSR, est tout simplement irréprochable. La direction artistique transforme Carcosa en un véritable festin visuel, des ruines brûlées par le soleil aux merveilles architecturales en marbre noir, tandis que les effets d'éclipse métamorphosent le paysage en un cauchemar lovecraftien à couper le souffle. L'équipe audio exploite avec brio la technologie 3D pour immerger le joueur dans un univers sonore composé de drones métalliques et d'électronique, faisant monter l'adrénaline lors des combats les plus intenses. La manette DualSense est utilisée intelligemment : les gâchettes adaptatives gèrent le tir alternatif et le retour haptique permet de ressentir la moindre vibration de la planète, pour une expérience sensorielle complète, réservée aux plus courageux.

Mourir et recommencer
En résumé, nous avons vraiment apprécié Saros, même si je n'ai jamais été un grand fan des boucles qui obligent à parcourir les mêmes zones à nouveau, même si c'est relatif dans Saros. Housemarque a réussi à peaufiner le tout bien plus que Returnal, créant un jeu qui respecte le temps du joueur et offre un sentiment de progression constante qui manquait au précédent opus. La beauté de Carcosa et la réactivité des commandes transforment chaque échec en une leçon précieuse plutôt qu'en une simple raison de jeter la manette par la fenêtre, faisant de la survie une habitude acquise entre deux explosions colorées.

Bien que l'intrigue autour des personnages secondaires reste un peu discrète, et que quelques cinématiques supplémentaires nous auraient été utiles pour éviter de devoir lire chaque journal, l'envie de retourner sur cette planète maudite demeure forte. Ce jeu mêle l'essence des jeux d'arcade d'antan au potentiel des consoles modernes, s'imposant comme un incontournable pour quiconque recherche de l'action pure et un mystère captivant.
